Mon copain m'a quitté.
J'ai pleuré, j'ai crié.
Je le connaissais depuis 2 ans et c'était l'homme de ma vie. Je voulais me marier avec lui et avoir des enfants.
J'étais si convaincue qu'il ne me ferait jamais de mal. C'est lui qui m'a aidé il y a 2 ans quand je n'allais pas bien. Il était tout pour moi, la seule personne qui me donnait envie de croire en moi. Il me faisait pleurer parfois car je ne le trouvais pas assez présent dans ma vie. Et j'ai accepté la situation. Il disait qu'il tenait à moi et qu'il savait qu'il ne fallait pas me faire de mal. Il me trouvait fragile. Il disait que j'étais jolie. Il disait que j'étais sensible. Un jour il a dit que j'étais une orchidée et il a dessiné une fleur sur mon épaule. Il m'appelait mon c½ur. On riait. Je dis toujours que je suis devenue femme dans ses bras. Et il disait que j'étais différente. Il voulait vivre avec moi.
Ce soir, tout s'effondre et je n'ai le courage de rien. Et comme si ça ne suffisait pas, j'ai peut-être attrapé le VIH.
Alors j'ai réfléchi. A quoi bon continuer?
Ma vie amoureuse est une tartine de merde.
Ma vie professionnelle fout le camps. Je ne parle même pas de mes études.
Je suis dévalorisée. Et on me fait comprendre que je suis un fardeau pour cette société. J'ai cette drôle d'impression en moi et c'est terrible. .
Moi qui était pleine d'espoir, convaincue que j'allais améliorer les offres touristiques. Je ne suis capable de rien et me retrouve réduite à faire de l'accueil, uniquement de l'accueil.
Les désillusions sont affreuses. Et je déteste. Je n'en peux plus de faire semblant et dire que tout va bien alors que tout va mal.
La mer, le soleil, la samba, ça me semble si loin maintenant.
Je l'imagine encore me donnant la main au bord de la mer mais sa silhouette est tellement floue à présent.
J'ai le c½ur brisé.
Et je n'ai pas le courage de recoller les morceaux. J'ai déjà recoller les morceaux tellement de fois dans ma vie.
Je n'ai pas envie de passer ma vie à enchainer les échecs. Moi aussi j'ai le droit au bonheur. Moi aussi je voulais me marier et avoir un bébé. J'en ai marre qu'on me mente, qu'on me trompe. Je veux pas continuer dans un monde où je ne peux pas trouver une personne qui ne me fera pas de mal. Maintenant c'est trop. Ça devait marcher avec lui. Il le fallait.
Je me disais: cette fois c'est la bonne, je serais heureuse et je rendrais quelqu'un heureux.
Hé ben non. Erreur, désespoir.
Je n'ai plus rien à perdre. J'ai déjà tout perdu. Et je ne veux plus continuer. C'est tout.
J'ai beaucoup réfléchi. Je ne veux pas que mon corps soit déchiquetté ou meurtri de coup.
Je ne veux pas d'une corde autour de cou, je ne veux pas d'une balle dans la poitrine, je ne veux pas d'entaille sur mes poignets. Je veux m'allonger, m'endormir dans mon lit et n'ouvrir mes yeux qu'au paradis. Je ne trouve pas ça bien de s'affliger des souffrances physiques. Lorsqu'on décide de partir, c'est qu'on a suffisamment de douleur morale. Je ne cois pas que c'est nécessaire. Selon moi, l'important c'est de partir en accord avec soi.
Bref, j'espère que beaucoup de personnes vont me lire. Mes amis. Il faut profiter de ses amis mais les choses de la vie font que parfois on se perd de vue.
Je vous demande pardon pour ce que je fais. Pardon si vous souffrez, ce que je fais est lâche. Mais ne pleurez pas.
On doit tous mourir un jour, peu importe le jour, c'est dans l'ordre des choses. Alors aujourd'hui ou demain ou dans 10 ou 20 ans, ce jour arrive forcément.
Je trouve qu'il est encore mieux de choisir la façon dont on veut mourir et le moment.
Je suis convaincue qu'il y a quelque chose après. Peut-être du soleil, de la samba:Les choses dont on a toujours rêvé.
On doit certainement rejoindre les personnes qu'on a perdu. Je pense à mes grands-parents, Fifine, Hachette. Comme j'aimerais les revoir. Je ferais enfin connaissance avec ma s½ur. Enfin réunies. Nous deux. Je ne serais plus face à mon reflet de miroir.
Le Paradis existe, j'en suis sure.
Quand j'étais petite, il y avait la pub pour les gels douche, le slogan disait que c'était le paradis. Alors j'y croyais. Si ça se trouve c'est comme ça.
Ou alors c'est beaucoup de lumière et tout le monde est heureux. Personne ne souffre.
Quand j'étais petite ma mère me disait qu'une fois que tous les êtres vivants du monde seraient mort, Dieu nous renverrait tous sur Terre pour une nouvelle vie heureuse.
Personnellement, j'ai toujours eu des doutes sur l'existence de Dieu.
J'ai entendu dire que beaucoup se confessent et vont à l'église quand ils savent qu'ils vont mourir de peur d'aller en Enfer.
Parlons en de l'Enfer, je crois qu'ici sur Terre on est plutot bien servi. Entre ces peuples qui se déchirent,ces enculés qui violent des petites filles, ces gens qui meurent de faim, ceux qui ne peuvent pas se loger correctement, ceux qui font du mal aux autres tout simplement.
Est-ce que ça peut vraiment être pire?
Honnêtement, j'ai un peu peur de la suite. Mais je suis sure que ça ne peut pas être pire.
J'aimerais qu'on dise de moi que je suis une petite nana sympa. J'aimerais qu'on dise que je suis gentille, passionnée, sensible. J'aime les arts, la lecture, la télé.
J'ai toujours beaucoup aimé les animaux. Les animaux sont plus gentils que les humains. Les animaux n'accordent aucune importance à l'apparence,ou au rang social. Les animaux ne trahissent pas.
J'aime danser. J'ai dansé aujourd'hui. Les larmes aux yeux. Mais je voulais danser une dernière fois, sentir la musique, les percussions, faire ressortir ma sensualité et ma féminité.
J'ai pris Praline dans mes bras. Je l'ai caressé longuement en pleurant. Ma petite Praline. Ma jolie petite Praline. Si caractérielle mais si amusante. Je ne me fais aucun souci, on s'occupera bien d'elle.
J'aime quand elle saute sur l'arbre à chat, quand elle me tire le bas du pantalon pour avoir une caresse, quand elle fait des petits sauts de cabri dans le salon.
J'ai écouté Bebel Gilberto, Beyoncé et Koda Kumi. J'aime beaucoup.
J'aimerais que mon argent aille à une association pour Madagascar.
Et que mes affaires soient données aux bonne ½uvres.
Demain, je vais dire au revoir à mes parents. Ça fait drôle de dire ça . Et pourtant. Demain, je vais les voir en réalisant que c'est la dernière fois. Je sais que je vais leur faire de la peine. J'ai honte. Mais je ne veux plus exister. J'ai déjà tellement la sensation d'être transparente.
Et s'il vous plait, pas de chant triste à l'église, je veux des gerberas roses et des couleurs gaies comme au paradis. Et du gospel. Je pensais que la prochaine fois que j'irais à église avec ma famille, ça serait pour mon mariage mais comme on dit, on ne fait pas toujours ce qu'on veut.
Dites-vous bien que je n'avais plus ma place ici. Et que je n'étais plus du tout à l'aise.
Soyez tous heureux.
Le plus important, c'est de s'accepter, de s'aimer et d'être à l'aise. En harmonie avec soi.
Et c'est tellement mieux quand quelqu'un nous aime.
Je sais que je fais de la peine par mon acte.
Mais il ne m'est pas possible de continuer ainsi.
Je ne suis pas très utile.
Vous savez tous ce que je pense de vous alors je ne vais pas m'étendre sur le sujet.
L'année 2009 commence. Alors je renouvelle mes v½ux pour 2009. Pleins de bonnes choses, pleins d'amour. Rien ne s'arrête.
Si vous avez la chance d'être en présence de l'amour, conserver le et chérissez le. N'oubliez pas que l'amour est le plus beau sentiment.